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Fondation canadienne des maladies inflammatoires de l’intestin - Les MII
 

Mystérieuses maladies inflammatoires de l’intestin

Lorsqu’on parle de maladies inflammatoires de l’intestin on fait littéralement référence à une « inflammation de l’intestin ». L’acronyme MII englobe un groupe d’affections, tout particulièrement la maladie de Crohn et la colite ulcéreuse.

En temps normal, l’inflammation est la réaction normale et nécessaire du corps à une infection ou à une blessure. Généralement, une rougeur, une sensation de chaleur, de l’enflure et de la douleur accompagnent cette réponse peu importe que l’« attaque » provienne d’une lésion de la peau ou d’un organe à l’intérieur de l’abdomen.

Pour quiconque souffre d’une MII, l’inflammation de l’intestin devient un état chronique voire permanent. Tout au long de sa vie, la maladie évoluera par poussées actives entrecoupées de périodes où les symptômes seront latents (on parle alors de rémission).


Coup d’œil sur la maladie de Crohn et la colite ulcéreuse
Le tableau ci-dessous fournit des renseignements sur les différences entre la maladie de Crohn et la colite ulcéreuse. Pour plus d’information, consultez notre site Web sur la maladie de Crohn ainsi que celui sur la colite ulcéreuse.

Pour recevoir une trousse de bienvenue de la FCMII contenant de l'information sur la Fondation et des brochures d'information, cliquez ici


Maladie de Crohn

Colite ulcéreuse

La maladie de Crohn peut toucher la totalité du tube digestif, depuis la bouche jusqu’à l’anus.

La colite ulcéreuse affecte le côlon et débute habituellement au niveau du rectum pour s’étendre ensuite jusqu’au caecum.

L’inflammation peut traverser toutes les couches du tissu atteint, de l’intérieur à l’extérieur.

L’inflammation n’affecte généralement que la paroi interne du côlon.

Elle se manifeste par une inflammation de segments du tube digestif, entrecoupés de bandes de tissus sains (donne un aspect pavimenteux).

L’inflammation touche tout le côlon de manière continue sans morcellements.

Les patients sont aux prises avec des douleurs abdominales continues, de modérées en période de rémission à vives lors des poussées actives.

En période de rémission, les patients ne ressentent aucune douleur abdominale. Pendant une poussée active, la douleur a tendance à être intermittente et coïncide avec le besoin d’aller à la selle.

On associe aussi à la MC des problèmes dans la région périnéale comme des fistules, des fissures et des lésions.

Les problèmes dans la région périnéale sont peu courants.

Le recours à la chirurgie est parfois nécessaire pour soulager les patients qui ne répondent pas aux médicaments et autres traitements. Cela dit, les interventions chirurgicales ne guérissent pas la maladie de Crohn.

La chirurgie peut être indiquée. Si on procède à une résection complète du côlon, le patient est définitivement guéri de la CU.

La MC et la CU présentent des symptômes similaires. Les patients atteints de l’une ou l’autre maladie souffrent :

  • de douleurs abdominales, de crampes;
  • de diarrhées (on note la présence de sang dans les selles dans le cas d’une CU);
  • de nausées et de vomissements;
  • d’une diminution de l’appétit et d’une perte de poids;
  • de fièvre;
  • d’anémie;
  • de fatigue.

Quelles sont les causes des MII?
Cette question demeure sans réponse. Bref, le mystère reste entier.

La cause des MII n’est pas connue. Les chercheurs et la communauté médicale travaillent d’arrache-pied pour trouver la réponse, mais à ce jour, nous ignorons toujours la cause réelle de ces maladies qui affectent plus de 200 000 Canadiens.

Ce qui ne veut pas dire qu’il n’y ait aucune réponse. En réalité, il semble que les MII se développent chez des individus génétiquement prédisposés qui ont été exposés à des facteurs environnementaux déclenchants.

En fait, la Fondation canadienne des maladies inflammatoires de l’intestin (FCMII) finance le projet GEM, une étude humaine sur les interactions génétiques, environnementales et microbiennes qui causent les MII. Ce projet de 5,5 millions de dollars s‘échelonnera sur six ans et suivra 5 000 sujets recrutés parmi les enfants et les frères et sœurs en santé de personnes atteintes de la maladie de Crohn pour mettre en lumière le rôle des facteurs génétiques, environnementaux et microbiens qui seraient à l’origine de celle-ci. Pour plus d’information, cliquez sur www.gemproject.ca

Qui souffre de MII?
Les MII touchent des gens de tous âges, peu importe le sexe ou la race. Toutefois, les personnes d’origine juive Ashkénaze (Européens) le sont davantage que tout autre groupe ethnique. En outre, les MII sont plus répandues en Amérique du Nord et dans le nord de l’Europe tandis que c’est au Canada qu’on compte le plus grand nombre de cas au monde.

La majorité des gens sont diagnostiqués entre l’âge de 15 et 25 ans ou de 45 et 55 ans.

MII versus SII
On confond souvent maladie inflammatoire de l’intestin (MII) et syndrome de l’intestin irritable (SII). Au-delà des symptômes et des appellations similaires, il s’agit de deux maladies totalement différentes.

Les MII sont des maladies chroniques caractérisées par une inflammation du tube digestif. Selon qu’une personne souffre de la maladie de Crohn ou de colite ulcéreuse, l’inflammation peut se manifester n’importe où depuis la bouche jusqu’à l’anus.

Dans le cas du syndrome de l’intestin irritable, on ne dénote aucune inflammation. Bien que la cause du SII demeure inconnue, on attribue le problème à des modifications de la fonction intestinale ou au contrôle qu’exerce le cerveau sur l’appareil digestif.

Dans les deux cas, les douleurs abdominales, les crampes, la diarrhée et les nausées sont au nombre des symptômes.

Le fardeau des maladies inflammatoires au Canada
En 2008, la FCMII commandait la rédaction d’un rapport intitulé « Le fardeau des maladies inflammatoires de l’intestin au Canada ». Ce rapport brosse un portrait de la prévalence des MII et de leur coût pour le Canada en 2008. Le Canada montre une des prévalences les plus élevées au monde; plus de 200 000 Canadiens sont atteints d’une MII et on diagnostique chaque année 9 200 nouveaux cas.

Les MII sont aussi courantes que le diabète de type 1 et trois fois plus fréquentes que la sclérose en plaques ou l’infection par le VIH. On estime que les coûts économiques associés aux MII, directs et indirects, s’élèvent à 1,8 milliard de dollars par année. Quant aux coûts émotionnels, ils sont impossibles à quantifier en dollars et en cents, mais ils se reflètent par le bas indice de qualité de la vie des gens qui en souffrent.

Avec des effets sur les individus et la société aussi considérables, comment se fait-il qu’on n’entende jamais parler des MII? Pourtant d’autres maladies semblent pouvoir compter sur des porte-parole célèbres, des marchethon, des plaidoyers émouvants au petit écran – alors que personne ne parle de MII?

Il y a peu de temps encore, la stigmatisation sociale des personnes souffrant     d’une maladie inflammatoire de l’intestin, confinait les patients au silence.

En fait, ce désir de taire tout ce qui touche aux problèmes intestinaux signifie que le sujet des MII est tabou. Seules les personnes atteintes d’une MII, ou leurs proches aimants savent de quoi il retourne et les défis qu’elles représentent.

Cette époque est révolue. La FCMII croit qu’il est temps pour les gens de parler ouvertement de maladie de Crohn et de colite ulcéreuse. Il faut s’affranchir du poids de cette gêne, de ce silence et en parler sans contrainte. Il faut en parler à voix haute et ensemble, trouver un traitement curatif.
 



 
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