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Fondation canadienne des maladies inflammatoires de l’intestin
 
 
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Fondation canadienne des maladies inflammatoires de l’intestin - Les MII
 
Demandez au médecin

Docteur est une chronique régulière du Journal, la publication que la Fondation destine à ses membres. Le docteur Remo Panaccione répond aux questions. Les questions suivantes sont des extraits du Journal.


De nouvelles percées dans le traitement de la colite ulcéreuse

DOCTEUR, Existe-t-il de nouveaux traitements ou médicaments pour guérir
ou soulager la douleur de la colite ulcéreuse ?

CHER MEMBRE DE LA FCMII, Le traitement médical de la colite ulcéreuse n’a pas beaucoup changé depuis les quelques dernières décennies. La sulfasalazine, les produits de 5-ASA (Pentasa, Asacol, Salofalk, Dipentum) et les stéroïdes demeurent les principaux modes de traitement. Tous ces traitements peuvent être administrés par voie orale ou topique. Un immunomodulateur comme l’azathioprine (Imuran) ou le 6-MP (Purinethol) peut être bénéfique aux personnes stéroïdodépendantes.

Les stéroïdes administrés par voie intraveineuse sont réservés aux personnes qui doivent être hospitalisées. Celles qui ne respondent pas à ce traitement peuvent trouver la cyclosporine bénéfique, mais celle-ci peut s’associer à des effets secondaires  considérables. Dans le cadre de deux grands essais cliniques, l’infliximab (Remicade), approuvé seulement pour le traitement de la maladie de Crohn, a été jugé efficace contre la maladie de Crohn. Les résultats complets de ces essais seront présentés en mai, au Digestive Disease Week Meeting de Chicago. Au Canada, le Remicade n’est pas encore approuvé pour le traitement de la colite ulcéreuse, et les médecins et les personnes atteintes attendent ces résultats avec impatience.

La plus grande percée du traitement est peut-être l’intervention chirurgicale qui consiste à créer une poche iléoanale. Dans le cadre de cette intervention, on enlève le rectum et le colon (un « traitement curatif », en raison de l’ablation de l’organe malade), et une poche (un réservoir) est créée à l’aide de l’intestin grêle. Cette poche est ensuite cousue ou agrafée à un petit repli du rectum, ce qui permet au patient de déféquer normalement. On perçoit cette intervention comme la plus grande percée du traitement global.

Votre question est intéressante parce qu’il semble que la douleur soit votre symptôme prédominant. D’ordinaire, les personnes atteintes de la colite ulcéreuse ne souffrent pas de ce symptôme predominant en l’absence de diarrhées, habituellement sanglantes. Si vous souffrez de douleurs sans diarrhées importantes, discutez avec votre médecin. Clarifiez la nature de vos douleurs, leur emplacement et les caractéristiques d’exacerbation. La douleur n’étant pas representative de la colite ulcéreuse, vous devriez examiner vos symptômes de manière plus approfondie.


Le Colazal par rapport à l’Asacol

DOCTEUR, À part le prix, quelle est la différence entre le Colazal et l’Asacol ? L’un peut-il remplacer l’autre ?

CHER MEMBRE DE LA FCMII, Tant le Colazal que l’Asacol appartiennent à la famille des 5-ASA. La molécule originale de 5-ASA était la sulfalsalazine, qui a d’abord été utilisée dans le traitement de la polyarthrite rhumatoïde, puis dans celui de la colite ulcéreuse. Une découverte ultérieure a démontré que l’élément de sulfamide était responsable de la plupart de ses effets secondaires. De nouveaux produits de 5-ASA, tels que le Colazal (du disodium de balsalazide) et l’Asacol, réduisent les effets secondaires et accroissent peut-être l’efficacité du médicament.

La portion active du médicament demeure la mésalamine (5-ASA), mais elle atteint le gros intestin par d’autres mécanismes de livraison.

Lorsque le Colazal pénètre dans le côlon (gros intestin), les bactéries brisent le lien et libèrent le 5-ASA actif. L’Asacol est livré au côlon selon un système de libération différé. L’enrobage externe de la capsule se dissout à mesure que l’acidité de l’intestin se modifie et laisse le 5-ASA se libérer. La plupart des médecins pensent que l’efficacité globale des divers 5-ASA est semblable, mais un patient donné peut en trouver un plus efficace que l’autre.


Lutter contre la fatigue

DOCTEUR, Je suis un homme de 53 ans chez qui on a diagnostiqué une maladie de Crohn en 2000. Mon intestin était bloqué, et on en a enlevé 30 centimètres. Maintenant, mon plus gros problème, c’est que je suis toujours fatigué. Je ne prends qu’une injection de vitamine B12 toutes les trois semaines. Est-ce que je devrais prendre autre chose ?

CHER MEMBRE DE LA FCMII, La fatigue est un symptôme courant des personnes atteintes de la maladie de Crohn, même lorsqu’elles sont en rémission. En général, la fatigue s’explique par des carences nutritionnelles, causées soit par la maladie en phase active, soit par une résection chirurgicale passée, soit par une surcroissance bactérienne. Ce phénomène inclut une carence en vitamine B12 ou en fer.

Bien des personnes atteintes d’une maladie chronique (et surtout une maladie inflammatoire chronique) souffrent de fatigue en raison de l’inflammation chronique sous-jacente et de la lutte de l’organisme qui tente de contrôler cette inflammation, dépensant ainsi de l’énergie « interne ».

D’autres causes de fatigue, qui ne sont peut-être pas reliées directement à la maladie de Crohn, telles que la dépression, les troubles de la thyroïde et les troubles hématologiques, doivent également être explorées.


Les choix alimentaires

DOCTEUR, On a récemment diagnostiqué que j’étais atteint de la colite ulcéreuse, plus précisément d’une rectite. Je souffre de diarrhées, de saignements rectaux et, souvent, lorsque j’ai des gaz, j’évacue du liquide ou des excréments. Pourrais-je subir des tests pour déterminer les aliments et les boissons que je devrais éviter ? Je suis prêt à explorer des approches « complémentaires ».

CHER MEMBRE DE LA FCMII, Les symptômes que vous décrivez cadrent avec une rectite ulcéreuse mal contrôlée. Certains aliments peuvent aggraver les symptômes, tels que la caféine, l’alcool et, chez 20 % des patients, les aliments contenant du lactose, mais il n’existe aucune recommandation précise sauf celle d’éviter ces elements déclencheurs pendant une récidive. L’information abonde, et de nombreux traitements nutritionnels sont offerts dans le traitement des MII, mais aucun n’est probant auprès de toute une population de patients. La principale recommandation consiste à respecter une médicothérapie convenable pour contrôler l’inflammation du rectum. Cette thérapie peut inclure un traitement topique ciblé.


Colite ulcéreuse ou maladie de Crohn ?

DOCTEUR, On a d’abord diagnostiqué que je souffrais d’une colite ulcéreuse, et on m’a enlevé le côlon il y a quatre ans. Le diagnostic s’est transformé en maladie de Crohn parce que l’opération a révélé l’atteinte de plus d’une couche de tissus intestinaux. Tous mes autres symptômes étaient liés à la colite, pas à la maladie de Crohn. Est-il possible qu’une colite s’aggrave au point de s’attaquer à des tissus plus profonds ? Ce seul facteur peut-il transformer un diagnostic de colite ulcéreuse en diagnostic de maladie de Crohn ? Est-ce courant ?

CHER MEMBRE DE LA FCMII, J’essaie toujours d’expliquer à mes patients la différence entre la colite ulcéreuse et la maladie de Crohn. La colite ulcéreuse ne touche que le côlon, tandis que la maladie de Crohn peut atteindre n’importe quelle partie du tube digestif, y compris le seul côlon, ce qu’elle fait dans 25 % des cas. Par conséquent, la « colite » peut désigner une colite ulcéreuse ou une maladie de Crohn (la colite de Crohn), et les symptômes sont indifférenciables.

D’habitude, un médecin expérimenté peut distinguer les deux. Toutefois, dans 5 % à 10 % des cas de MII, on ne parvient pas à établir de distinction claire (c’est la colite indéterminée). La véritable nature de la maladie n’est apparente qu’au moment de l’opération, lorsqu’un spécimen de tissus plus important est remis au pathologiste (le médecin qui examine les spécimens chirurgicaux). Encore une fois, un pathologiste d’expérience peut distinguer ce dont il s’agit, surtout à partir de spécimens chirurgicaux. D’après votre description, votre pathologiste semble observer une inflammation transmurale qui soulève la possibilité d’une maladie de Crohn.


Au sujet de la molocure

DOCTEUR, Que pouvez-vous me dire au sujet de la molocure ? Dans un site Web, on prétend que c’est une « solution naturelle » qui peut guérir les MII.

CHER MEMBRE DE LA FCMII, Il est toujours difficile pour un médecin comme moi de répondre à des questions au sujet de médecines ou d’approches complémentaires qui prétendent contrôler les maladies inflammatoires de l’intestin.

La molocure, ou polysaccharide mucilagineux d’aloès (A.M.P) est probablement un composé sécuritaire et non toxique qui, en théorie, contribue au processus digestif. Toutefois, elle N’A JAMAIS ÉTÉ ÉVALUÉE DE MANIÈRE SCIENTIFIQUE chez les personnes atteintes d’une MII. Elle n’est peut-être pas dommageable, mais je conseillerais aux personnes atteintes de se montrer prudentes quant aux affirmations publiées dans le site Web. Tout comme vous êtes sceptique à la lecture d’un publireportage vous assurant qu’une personne de 90 kilos s’est transformée en dieu ou déesse sculptural en l’espace d’une nuit, vous devriez vous montrer sceptique lorsque vous lisez les prétentions de la molocure. Encore une fois, quand je conseille mes patients, je leur dis que si c’était aussi simple, nous en utiliserions tous ! Bien sûr, à titre de médecin, je préférerais prescrire un produit naturel dont l’efficacité est démontrée plutôt qu’un médicament ayant des effets secondaires potentiels. Si les partisans
de ce produit et de produits similaires avaient l’intérêt des patients en tête, en toute logique, ils devraient mener des études convenables.



Définitions :

Rectite : Inflammation de l’anus et de la paroi du rectum. Les symptômes sont variables et incluent des douleurs, des spasmes et des crampes involontaires pendant les selles, l’impression que
l’intestin n’a pas été vidé, des douleurs, des saignements ou des écoulements de l’anus. La rectite peut être de courte durée ou devenir un trouble chronique.

Colazal (nom chimique : balsalazide) : Anti-inflammatoire oral sans sulfasalazine, utilisé pour traiter la colite ulcéreuse légère à modérée. Il réduit l’inflammation intestinale, les diarrhées, les saignements rectaux et les maux d’estomac. Certains effets secondaires peuvent se manifester.

Asacol (nom chimique : mésalamine) : Anti-inflammatoire oral sans sulfasalazine, utilisé pour traiter la colite ulcéreuse légère à modérée et d’autres maladies. Les comprimés sont dotés d’une caractéristique de « libération directe » unique : un enduit de plastique spécial retarde la libération de la mésalamine jusqu’à ce que le comprimé atteigne l’extrémité de l’iléon. Certains effets secondaires peuvent se manifester.

Molocure (polysaccharide mucilagineux d’aloès) : Substance alimentaire naturelle dérivée de l’aloès et offerte sous forme de capsule. Le fabricant prétend que par « un accroissement précis des mécanismes de défense de l’organisme », le produit peut soulager les symptômes de maladie ou de trouble du système digestif.




 
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